Traversée de l’Atlantique Jour 10

Samedi 18 Novembre 2023

Mer encore insupportable cette nuit. Je me suis endormie au poste de barre pendant mon quart, le défaut de sommeil se fait sentir, je n’arrive pas à dormir plus de 4 heures par nuit ; je suis lessivée.

Makatea nous rattrape sur le coup de minuit – je l’avais bien vu arriver malgré mon endormissement -. Je reste avec Emile à  qui je devais  passer le relai pour gérer la situation. Nous sommes en voiles en papillon donc très peu manoeuvrants. Cette situation méritant une prise de contact entre bateaux pour donner nos stratégies réciproques d’évitement, nous l’appelons sur la VHF par 2 fois  pour connaître ses intentions de débordement par notre proue ou par notre poupe pour traverser notre cap, pas de réponse. Comme il est tribord amure il est prioritaire, nous roulons donc notre génois pour nous ralentir et partons au lof sur bâbord pour l’éviter. Lorsqu’il nous a fini de nous croiser par notre proue,  je lui donne un coup de projecteur pour lui signaler notre présence (et aussi pour lui faire quand même remarquer que ce n’était pas correct de sa part de passer sans un mot). Je crois que mon projecteur l’a réveillé car d’un air agacé il nous contacte à la VHF pour nous dire qu’il nous avait bien vu mais qu’il s’avait que cela passait! Oui bien sûr que cela passait à condition que nous ralentissions et que nous nous dévions pour lui !.

Au matin il a changé à nouveau sa trajectoire et se retrouve à nouveau près de nous, en trajectoire de croisement, ce serait bien qu’il aille jouer dans une autre cour, cela me rassurerait. Quand on ne sent pas un bateau, on ne le sent pas.

Vent à 15 nœuds sous code D seul le jour, vent arrière, mollissant le soir, on se traine maintenant à 5 nœuds.

Les premiers arrivés sont prévus pour Lundi soir. Quant à nous, nous sommes dans le peloton de queue et devrions arriver Jeudi soir voire Vendredi matin.

Nous finissons les restes du frigo ce midi et attendons avec impatience le diner de ce soir entièrement à la charge des garçons, lesquels se plaignent à qui veut l’entendre (par exemple à la VHF avec Globe Flotteur qui nous talonne) de cette rébellion féminine (Laura je ne t’entends pas beaucoup sur ce coup là!), qui heurte leur ego en les faisant accéder à la sous caste dégradante des ménagères ! Mais quelle horreur !

Sieste l’après midi .

Il fait toujours chaud et humide. Nous sommes passés à côté d’un petit grain, rien de bien méchant, même pas mouillés, et pourtant nous aurions aimé qu’une pluie bienfaisante vienne laver le pont qui est sablonneux et salé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *