Hilton Head Palmetto Bay Marina (SC) – Daytona, Florida – USA

Samedi 7 Mars – Dimanche 8 Mars  2026 . 

La nuit fut très calme, voire calme plat. Mer d’huile au lever écrasée par une chappe de brume. Les navires quittant au loin Savannah s’en donnent à cœur joie et c’est dans un concert de cornes de brume que nous prenons notre petit déjeuner. C’est Humphrey Bogart sur les quais du Maroc saluant les bateaux qui partent vers le continent , nostalgie, envoyez les violons, sortez les mouchoirs.

Après avoir fait le plein de diesel à 3,49 dollars le US gallon (3,8 litres), nous reprenons notre route sur le coup des 9h30.

A l’abri du vent il fait très chaud mais en chemin, sur le pont, la température est des plus agréables à 20 degrés et le paysage est merveilleux maintenant que le brouillard s’est levé sur le chenal dans lequel jouent des dauphins couleur sienne se moquant bien des pélicans qui plongent en piqué. Espace, sable blanc, belles demeures et ciel bleu. Sérénité. Bonheur.

Et tandis que j’admire le spectacle assise sur le banc bâbord de proue, je me prends à comparer la France à cette vie ici loin des grandes villes où il semble que tout soit plus simple et plus sécurisé. Sur les pontons non fermés au public, les nombreux chariots en très bon état mis à disposition des plaisanciers ne nécessitent aucun cadenas et aucun jeton pour être remis en place. Il en va de même pour les caddies des supermarchés nullement détériorés dont les roulettes sont assurées de bien fonctionner. Les chariots motorisés avec assise pour les personnes ayant des difficultés pour se déplacer sont omniprésents dans les grandes surfaces et leur usage en est libre sans nécessité de dépôt de caution ni autre formalité. Les persiennes, volets ou grillages n’existent tout simplement pas dans quelque maison que ce soit , aussi grande ou belle soit elle. Je pense que la sécurité en est assurée par des sociétés spécialisées dont les cowboys peu amènes et au sens de l’humour assez réduit doivent débarquer arme au poing à la moindre alerte sans se soucier de devoir répondre de leurs actes devant de quelconques tribunaux plus acharnés à protéger le voleur que le volé.  No trespassing n’est pas qu’une pancarte, c’est un ordre.

A la sortie du chenal nous retrouvons la purée de pois et cela me fait penser au titre d’un film que j’aime  (le titre pas le film), je trouve que cela sonne bien : « gorillas in the mist » (gorilles dans la brume)  – 1988 – avec Sigourney Weaver que je trouvais d’ailleurs très belle femme.

Le soleil est là qui illumine le ciel laiteux sans pour autant le percer et pourtant la ouate flotte sur l’eau et nous entoure. Etrange et surnaturel. Nous ne croisons aucun bateau. Nous sommes au moteur.

La nuit arrive, la mer se lève, le vent aussi mais pleine face donc le japonais est prié de faire des heures supplémentaires, les ¾ de lune nous accompagnent, et les quarts de nuit vont une fois de plus se succéder.

2 cargos seulement plus loin, le soleil est levé. La mer est hachée et fouette le pont de ses embruns. Ce n’est pas très confortable. C’est même Orangina by the Sea. Je renonce d’ailleurs à faire des yaourts, ils ne prendraient pas, tellement nous sommes secoués. Ma colonne vertébrale qui n’est déjà pas très vaillante demande grâce mais il lui faut de la patience. A ce rythme, c’est un camion de kétoprofène que j’aurais dû approvisionner.

Vers 15h00 (en fait 14H00 heure d’hier – car nous venons de changer d’heure en avance sur l’Europe) de gigantesques plots de béton posés sur la mer apparaissent à l’horizon, ce sont les « jolis » immeubles de la Floride paradis terrestre des temps nouveaux des retraités au sourire Colgate de dentiers immaculés ; toutefois ce n’est pas ma propre notion du paradis terrestre .

Nous frôlons déjà les 28 degrés.

Il est 18h30 et nous voilà enfin selon vos propres centres d’intérêts soit au lieu mythique des courses de F1 soit au nom magique des aspirants aux luxe de la bijouterie horlogère. Pour ceux qui ne voient toujours pas, j’ai nommé Daytona.

L’entrée du chenal est rock and roll tant la passe est étroite et les vagues déferlent sur bâbord par un vent latéral de 20 nœuds qui nous pousse vers la digue enrochée. Nous remontons tout au fond du chenal avec de temps en temps 1,5m sous les quillons  – envoyez la musique angoissante – et posons l’ancre dans un dégagement .

Ouf pas mécontente d’être arrivée car rien de drôle à ces longues navigations qui n’ont d’intérêt que de nous rapprocher jour après jour et nuit après nuit de notre destination finale.

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