Vendredi 13 Mars 2026 .
Hier soir soirée orage, éclairs et tonnerre, pluies diluviennes . Pas très confiante puisque je le rappelle (cf commentaire de l’an dernier ici même) c’est exactement en ce lieu que Anthrflo a pris la foudre il y a deux an et tout perdu : électricité et électronique rendant leur catamaran complètement aveugle et sourd et obligé de gérer la nav’ à l’ancienne du temps des sextants, des fils à plomb, des galères et des mises au fer (non ! Stéphane n’aurait pas osé y mettre Martine, quand même !) .
Aujourd’hui atelier formalités d’entrée. Nous levons l’ancre pour nous diriger au bureau CBP de West End à 3 miles d’ici. Toute petite marina avec un ponton en bois très haut et non flottant pour s’amarrer. 16 nœuds de vent nous poussant sur celui-ci, pare-battages peu adaptés pour ces structures trop hautes et creuses d’où quelques bruits intempestifs de frottement coque sur poteau en bois. J’aime pas ça ; et puis je voudrais bien t’y voir toi retenir 20 tonnes poussées par le vent avec tes petites mains et tes petits pieds pour éviter le ponton. Mais le Capitaine s’en est très bien sorti (et son moussaillon aussi) et, je dois le dire, en silence ponctué par … quelques engueulades sous la pression du moment – rien que d’ordinaire .
Les formalités n’ont pas été trop longues, mais assez surprenantes. Les règles du jeu changent chaque année, sinon ce n’est pas drôle. Nous avons acheté un permis de séjour aux Bahamas pour le bateau de 12 mois (obligatoire pour la durée, rien en dessous cette année contrairement l’an dernier ) pour la modeste somme de 700 dollars mais figurez- vous que si Ile de Rey quitte les Bahamas durant cette période (ce qui est prévisible à cause de la saison des ouragans) , nous serions en droit de penser que nous pourrions revenir quand cela nous chante pendant ces 12 mois ; que nenni ! le gouvernement Bahamien dans sa grande sagesse a tout prévu pour sucer la substantifique moelle des étrangers : le bateau ne peut s’absenter que 30 jours du pays pendant ces 12mois pourtant dûment payés sinon il lui faudra repasser par la case tiroir caisse et repayer sa dime de 700 dollars. Et comme si cela ne suffisait pas, nous, en que personnes, nous ne pouvons rester aux Bahamas que 90 jours pas plus comme dûment tamponné sur notre passeport. Impossible de négocier et aligner les permis de séjour des plaisanciers et du catamaran. Nâaan, c’est vraiment pas drôle ! Ah mais si au fait on peut rester plus de 90 jours ! à condition de demander une extension de permis de séjour au bout des 3 mois moyennant la modique somme de 200 dollars … par personne, of course. C’est du racket – mais pas de tennis – (bon elle est un peu too much mais si facile, je ne pouvais pas la rater) . Si ça c’est pas de l’extorsion de fonds ….. Bref nous n’avons donc l’autorisation de séjourner que jusqu’au 11 Juin 2026. Cela tombe bien car nos derniers invités repartiront le 9 Juin et la saison cyclonique de non assurance du bateau commence le 30 Juin . Donc nous ne devrions pas être trop frustrés.
Puis nous allons faire de l’essence à la pompe de la Marina , laquelle est moins chère qu’en face aux USA à West Palm et pas qu’un peu : 4,99 le gallon contre 5,86 le gallon alors que nous sommes sur une île et qu’il faut bien l’acheminer ! Va comprendre Charles – cherchez l’erreur ! Et rebelote sur la séance amarrage cette fois par 17 nœuds, bis repetita, sous le regard amorphe du pompiste qui avait dû cueillir trop d’herbe pour nous aider, même quand j’ai lancé le bout pas un geste pour essayer de le rattraper, alors quant à essayer de repousser le cata pour éviter qu’il frotte en attendant d’ajuster les pare-battages……
La journée étant prévue à la pluie, nous regagnons notre abri de Ginn sur Mer. Humphrey qui a son catamaran Kharlana IV à sec à Freeport sur Grand Bahama, donc pas loin d’ici, devrait venir nous rejoindre en voiture avec son équipier Jean Michel pour que nous les amenions dîner sur Ile de Rey en dinghy.
Avec la pluie qui dure, les nonos, no see-hum, ont repris confiance et je dois dire que je ne suis pas mécontente car, pour une fois, ils ne se contentent pas de ne cibler que votre narratrice mais s’en prennent aussi au capitaine. Toutefois, nous sortons l’arme fatale N°4, que nous avons ramenée à bout de bras dans nos bagages : notre méga ventilateur sur pied. Ah ! Ah ! maintenant verra bien qui rira le dernier.
La suite au prochain numéro.
