Samedi 28 Mars 2026 .
Il fait très beau. Il fait très bon. Le ciel est bleu moucheté de petits nuages blancs. Un petit vent nous permet de ne pas cuire mais d’apprécier l’instant, mais attention aux coups de soleil vicieux car passant inaperçus sur le moment.
Nous avons RV à 10h00 sur le parking de la plage avec le taxi Cassandra. Nous voilà partis en expédition à 9h30 car il nous faudra débarquer le génois sur le sable puis aller amarrer le dinghy aux poteaux dans l’eau – bien mesurer la longueur d’attache nécessaire compte tenu du marnage de 1 mètre (écart entre niveau haut et niveau bas de la marée) puis regagner la plage en marchant dans la mer : chaussures de ville -check – chaussures d’eau – check – chiffon et gourde d’eau pour se nettoyer les pieds du sable – check – serviette de bain pour se sécher – check – ça y est, nous sommes à poste . Il est 9h50. Tout propre, tout sec. Et …. sans internet car trop éloignés du bateau et donc du wifi de notre cher Elon.
10h10 toujours pas de Cassandra, je check mon tel (en données cellulaires : non, mode avion ) lequel malgré ce paramétrage m’indique que j’ai un message whatsapps de Cassandra arrivé après notre départ d’Ile de Rey . Elle a booké 2 réservations de taxi à 10h00 donc en même temps et s’en excuse et propose nouveau rendez vous mais pas avant 11h00. Ah… les Iles !!! Mais comment lui répondre ? . Heureusement, nous avisons un couple sur la plage qui s’avèrera être un couple d’Israéliens ayant fui leur pays pour s’installer aux Bahamas et ils acceptent un partage de connexion.
Bref, après 30 km nous déposons notre voile. Une employée nous informe que son patron nous rappellera dans l’après midi ou …. Lundi …. Pour nous dire ce qu’il envisage de faire et à quel prix. De toute façon, pris en otage, nous savons pertinemment que nous ne serons pas en mesure de négocier. Reste à savoir si la réparation pourra bien se faire dans la semaine qui vient. …..Bon ben pour l’appel ce sera …. Lundi ….ou pas… croisons les doigts.
Les 30 km parcourus, qui couvrent la moitié du tour de l’île nous permettent de découvrir les multiples facettes de l’île de Providence. Tout d’abord à côté de notre mouillage, à l’Ouest de l’île , un vaste « lotissement » plutôt désigné comme « luxury and exclusive community » , savoir de nombreuses et opulentes propriétés autour d’un golf et d’un centre commercial très léché, à ciel ouvert, à l’image de ceux des USA ; villas bien cachées derrière un mur et des grilles gardées , sorte de ghetto pour riches américains venant y passer 6 mois de l’année en farniente ou en travail déporté pour leur propre business de hedge funds, et autres gestions de fonds ou de fortunes. L’argent n’a pas de territoire assigné .
Les villas vont de 5 000 000 à 45 000 000 de dollars bahamiens = dollars américains (parité parfaite 1 pour 1), bref une broutille ! pfff ! même pas impressionnés ! nous sommes habitués avec Monaco à nos portes.
Puis vient au Nord Ouest l’international Airport de Nassau , suivi d’étendues inoccupées et a priori marécageuses. Nous recommençons à voir de la vie dans les « faubourgs » de Nassau avec des maisons plus conformes à l’image des Caraïbes, plus ou moins colorées et plus ou moins délabrées, cela ne respire pas l’aisance. En bois elles sont fortement exposées aux ouragans dévastateurs.
Nous rattrapons le centre ville de Nassau avec ses boutiques de souvenirs et de diamants et autres bijoux pour touristes américains débarqués à la journée par 4 méga paquebots en attente dans le port.
Enfin nous rejoignons la pointe Nord Est de Nassau, là où se trouve la Marina dans laquelle nous serons Samedi prochain et dont le quartier soigné semble sorti de terre assez récemment, celui là même où Stéphane s’est fait retirer une dent de sagesse l’année dernière. Le réparateur se situe dans le quartier, juste à côté de l’hideuse, stalinienne et peu reluisante ambassade de Chine, occupée, je suppose, par une parentèle des apparatchiks du Comité du Peuple chinois, car la place est bonne quand même ! Nous pourrons donc facilement récupérer notre voile à portée de pied quand nous serons à la Marina.
Nous profitons également de cette heure de taxi pour deviser avec le chauffeur Ryan (car Cassandra nous a envoyé un collègue), quand le bruit assourdissant du moteur du mini van chinois et l’accent de Ryan nous le permettent; mais je dois reconnaître que je perds la main en anglais, et/ou je fais peut être moins d’effort ou avec l’âge je suis moins concentrée.
Nous apprenons entre autre que le minimum salarial est de 200 dollars par semaine, qu’il n’y a aucun impôt sur le revenu ni sur les sociétés . Les ressources du pays proviennent de la TVA à 10% et de la taxe foncière sur l’habitat, % de la valeur du bien. Il n’y a pas, à proprement parler, d’indemnisation chômage en espèces sonnantes et trébuchantes mais le gouvernement prend totalement en charge les sans emplois en leur fournissant des bons d’achat alimentaires, le transport gratuit, un logement à un coût symbolique, etc…. Hôpitaux publics et privés se chargent de la santé des résidents et l’hôpital public est quasi gratuit, seulement une sorte de « forfait hospitalier » symbolique à chaque séjour dans l’établissement. Les Bahamas sont fières d’afficher des professionnels de santé hautement reconnus exerçant non seulement aux Bahamas mais pratiquant également des interventions aux USA.
Nous passons devant la toute neuve et gigantesque université de Nassau, a priori très tournée vers les sciences financières……. Ben ouais ici si tu prends option agro ici tu ne dois pas facilement trouver un emploi ! tu réfléchis un peu ! En parlant agro , nous nous enquérons du statut des cochons sauvages des plages des Exumas. Ils n’appartiennent à personne mais dans la mesure où se sont les tours opérators qui en ont fait un business touristique lucratif, le gouvernement leur a demandé de les nourrir et les soigner quand il s’est aperçu que les touristes américains s’amusaient à leur donner n’importe quoi à manger jusqu’à les gaver de …. Bière … ben ouais c’est vachement plus drôle !….. crétins !
Et enfin nous clôturons le cycle découverte par les remarques peu amènes de Ryan sur les américains dont il regrette à mots non couverts l’arrogance, l’ignorance, le sans gêne, l’hégémonie et la beaufitude.
Nous regagnons le bateau délestés de 150 dollars pour le trajet aller/retour.
Après midi soleil et petits bains, le vent est resté léger contrairement à ce qu’annoncé. L’eau est totalement transparente mais clapotante. Nous devons bien être une vingtaine de bateaux dans la baie, mais tout est calme et silencieux.
Je viens officiellement de finir la dernière denrée fraiche en fruits et légumes and ….the winner is….. , roulement de tambour, drum, drum, drum, drum : l’orange … encore juteuse après plus d’un mois.
