Marina de Cienfuegos, Cuba

 Vendredi 24  Mai 2024

Pas d’eau ce matin jusqu’à ce que nous voyons de grands jets d’eau asperger les catamarans de la flotille de location voisine ! nous remplissons donc des bidons à titre préventif .

Rendez vous à 8h30 pour partir à Trinidad à environ 80 km de Cienfuegos soit à peu près 1h30 de voiture.

Les petits hobereaux ont encore sévi car la masse s’est une fois de plus pliée à leurs exigences au nom du « pas de vague » et du « ne nous fâchons pas ».

Moralité nous nous entassons dans 2 taxis défoncés sans plus aucun amortisseur ; 3 personnes à l’arrière là où seulement 2 sièges sont prévus, le troisième rebondit sur la barre de fer du milieu qui ne contient d’ailleurs pas de ceinture de sécurité ; nous sommes serrés comme des sardines, c’est épouvantable; une personne à l’avant plus le chauffeur. Il roule à tombeau ouvert à plus de 100 km/heure ralentissant à peine dans les virages et je le redis sans amortisseur. L’embardée et les tonneaux guettent à tous les virages et j’ai très peur.

Les 2 taxis ont été « négociés » par nos hobereaux qui ont confié la mission à un cubain rencontré dans la rue qui parle soit disant le français et va bientôt définitivement rejoindre notre mère vache à lait (notre patrie) car son frère cubain a épousé une française et vit dans le 94 . Ah ! France terre d’accueil ! Vive le regroupement familial ! Voilà donc un de nos futurs OQTF dealer. Il a négocié 60 dollars aller retour par taxi pour nous déposer dans le centre historique de Trinidad.

Au départ,  il nous soutire 10 dollars de plus, que nous lui payons cash, pour que les chauffeurs nous emmènent faire en sus un tour des environs de Trinidad, ce qui n’était pas prévu  : mirador – plage – cascade et enfin centre Trinidad.

Un des chauffeurs est censé parler couramment le français, il sera donc affecté à la voiture des fins limiers. L’autre alignerait quelques mots et ils nous est donc affecté puisque je suis en back up espagnol.

Nous arrivons au centre de Trinidad, Jean Pierre qui était sur la barre à l’arrière depuis 1h30 n’en peut plus, et il est furieux. Les chauffeurs n’ont pas été informés qu’il y avait un tour des environs prévu en supplément et déjà payé et refusent dans un premier temps, aucun chauffeur ne parle un traitre mot de français. Mais ce n’est pas grave il parait que le taxi était parfaitement confortable et que l’OQTF a certainement dû oublier d’avertir les chauffeurs du supplément à parcourir, qu’il n’avait cependant pas oublié d’encaisser directement .

Heureusement les chauffeurs , honnêtes, acceptent de nous emmener faire le tour des environs après que je leur ai demandé de respecter la parole de l’OQTF . A eux maintenant de demander des comptes à cet escroc.

Je rappelle que cela fait plus de 8 jours que nous attendons la décision de ces mêmes « fin limiers » pour savoir si nous devons oui ou non réserver un taxi pour 8 ou pour 6 pour aller à la Havane car ils pensent toujours trouver beaucoup moins cher que ce que nous avons trouvé ……. On voit le résultat !!! Seraient- ils à 20 euros près en échange de confort, professionnalisme et sécurité ?

Si vous n’avez pas encore compris , je suis furieuse. Cela fait 8 jours que je veux mettre les barres sur les T et les points sur les I mais 2 bateaux m’en empêchent pour ne pas se fâcher ! moralité nous sommes maintenant 2 bateaux fâchés mais il faut continuer à sourire. Pas mon style. Je bous….. et je ne souris pas.

Sur la route peu de personnes. Nous croisons des charrettes à cheval et des triporteurs taxis bétaillères. La route peut être très belle comme elle peut être très défoncée et les fesses de Jean Pierre ainsi que nos colonnes vertébrales mises à rude épreuve peuvent en témoigner .

Il n’y a que de la campagne, très très peu d’habitations, pas de villages, de petites fermes rares et isolées perdues au milieu de plaines brûlées par le soleil envahies par des buissons au milieu desquels paissent et broutent quelques vaches ou chevaux squelettiques dont on voit les côtes . Des champs de manguiers sur à peu près 3 Km de part et d’autre de la route et plus loin des bananeraies sur seulement 500 mètres, et plus aucune autre culture . Quel est donc ce plan de développement agraire voté il y a 65 ans (à la Revolucion ! avec un grand R et un petit c), avait il prévu de réduire le peuple à la famine pour mieux le contrôler?.

Nous rejoignons donc le mirador : une colline au sommet de laquelle on peut admirer une vue mer au loin et une vallée verdoyante de l’autre côté semblant être cultivée.  

Puis c’est le centre historique de Trinidad : une place et une dizaine de petites rues dans le jus colonial aux pavés protubérants et mal ajustés. Des bâtiments bien entretenus tout autour de la place au jardin bien arrangé entouré de petites haies de fer forgé. On s’attend à voir arriver Zorro poursuivi par Sergent Garcia, ainsi que des cubains en panchos colorés.

Un ou deux palais coloniaux (demeure de seigneurs de la traite des esclaves ou des champs de canne à sucre ) ont été transformés en musée où l’on peut admirer les patios autour desquels se situent les pièces de vie avec quelques meubles de l’époque ; à l’image de cette demeure visitée à Santiago.

Trinidad est déserte tout comme ses boutiques de souvenir, ses rues et ses restaurants. On sent qu’elle a été une destination très courue mais qu’à l’image de Cuba elle subit une chute drastique du tourisme depuis le Covid et les restrictions, à moins que nous ne soyons complètement hors saison.

Beaucoup de boutiques de souvenirs (vêtements au crochet – napperons brodés – colifichets en bois ) et de restaurants aux menus identiques (effiloché de bœuf – escalope de poulet – côte de porc – médaillons de langouste – filet de poisson – riz ou banane plantain en accompagnement . Prix de l’ordre de 2000 pesos le plat (5,70 dollars). Ce qu’ils ont aussi en commun c’est que ce n’est pas bon et c’est mal cuit. Tous sont absolument déserts : Boutiques et restaurants.

Nous croisons quand même un groupe de 6 ou 8 et ce sont …. des français….

Nous sommes liquéfiés de chaleur et renonçons à la plage, pas de maillot , trop de soleil,  et à la cascade des environs pour laquelle nous aurions dû marcher 20 minutes.

Nous rentrons à la Marina écrasés de chaleur.  Jean Pierre refuse de répéter cette expérience pour aller à la Havane tout comme 6 d’entre nous.

Il y a apéro ce soir sur Mahoa pour maintenir la cohésion. Madame A fait la gueule dès qu’elle n’est plus le centre des attentions, c’est plutôt cocasse car tous les autres l’ont maintenant remarqué.

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