Nuit 2 (Samedi 13 au Dimanche 14 Juin 2026)
La nuit est tombée à 20h30
Je prends le premier quart de 21H00 à minuit car je sens que le sommeil ne va pas venir tout de suite
Courant : 4,2 nœuds in the poupe
Vitesse : jusqu’à plus de 10 nœuds mais en moyenne de 8,5 à 9 noeuds
Propulsion : moteur et de temps en temps accompagné du génois pour soutenir l’allure
Vent : monte à 14 noeuds mais on ne sort pas la grand voile car il y a de la mer par le travers arrière et le vent est par le trois quart arrière, donc risque de claquements de bômes de droite et de gauche toute la nuit avec frayeur quant à la longévité d’un matériel soumis à ces pressions et mouvements erratiques. Pour celui qui est de quart de nuit ce ne serait pas cool.
Fréquentation : 1 remorqueur de 44 mètres mais sans mention de la longueur de la remorque qui peut se trainer sur plus de 200 mètres sur son arrière. Grâce à son AIS, Garmin me signal qu’il va passer à 10 mètres devant moi dans 15 minutes. 10 mètres c’est vraiment pas beaucoup, un mauvais coup de vague et nous allons faire connaissance en nous tombant dans les bras, d’autant plus que notre moteur risque de se prendre dans les filins de ce qu’il tracte et que je ne vois pas.
Jouer au poker pour voir qui des 2 va dégainer le premier ou s’écarter de la route de collision, n’est pas mon style. Je joue petits bras moi Môsieur, je ne suis pas un mec ! donc je m’écarte de 20 degrés sur Tribord le temps qu’il passe à plus de 1 miles de Ile de Rey comme cela je suis tranquille, puis je reprends ma route comme si de rien n’était. Qu’est ce que qu’une déviation de 20 minutes dans une vie pour la sauver ! Sinon, aucune autre embarcation croisée.
Orages : loin sur le bâbord c’est un feu d’artifice permanent d’éclairs qui strient le ciel. Les arcs électriques de la foudre sont impressionnants, filaments couleur jaune ampoules incandescentes . Parallèlement toutes les minutes de véritables bombes orangées trouent les nuages obscurs et forment un nouvel horizon haut dans le ciel sur des kilomètres. Et ce sera comme cela non stop pendant mon premier quart. N’entendant pas le tonnerre, je me demande si c’est un orage sec et toutes les 10 minutes j’interroge le radar pour savoir quand la patrouille me rattrapera. Heureusement, même à l’échelle de 18 miles, le radar reste serein, ce que je suis loin d’être vous vous en doutez.
Stressée et au poste de pilotage, j’ai un peu de mal à suivre ma série Netflix que je regarde en morse.
Décidément je hais les quarts de nuit.
Deuxième quart : les orages ont disparu, nuit d’encre, zéro bateau croisé.
A 5h30 l’aube se lève et la ligne d’horizon commence à se préciser.
Sommeil : bof, en pointillé entre minuit et 3h00 et une récup’ entre 6h00 et 9h30. Ce rythme fatigue quand même les organismes d’autant que la couche est moite du fait de la chaleur humide et malgré le ventilateur qui aide vraiment.
