Mardi 21 Avril 2026 .
Il fait lourd et nuageux. A 8h30 le nouvel équipage est arrivé et à bord. Nous prenons tout de suite la mer sinon nous serons bloqués à George Town pendant 3 jours. En effet, les conditions météo recommencent à se dégrader et pour repartir au Nord , hauteur des fonds obligent , il faut ressortir sur l’océan où nous ne serons protégés ni des vagues ni du vent avant de pouvoir nous abriter entre les chapelets d’îles. Nous jouons donc la montre en sachant que même maintenant la sortie océanique sera Rock and Roll, voire border line.
De fait les conditions ne sont pas idéales surtout pour amariner notre équipage même si ce sont des voileux connaissant parfaitement le Saona 47. 25 nœuds de vent, grosse houle par le travers (tant qu’à faire, il faut maximiser les em…des) avec des vagues assez courtes entre 1,5 et 2 mètres de creux. Ça roule, ça tangue tant et plus, ça glisse, ça tombe, ça cogne….sortez mer calme et arnica ! arrimez verres, coupe de fruits, savon, bouteilles, machine à café, égouttoir, chaise, coussins, lampes, et tous objets identifiés non encore volants !
Là haut au poste de pilotage Jean Michel et Stéphane sont complètement trempés, largement arrosés par le retour de vagues sur le trempoline ou par celles qui viennent se fracasser sur les coques. 3 ris dans la grand voile, 3 ris dans l’italien, nous venons d’atteindre 32 nœuds de vent et roulons et tanguons entre 6 et 8 nœuds avec un vent venant au 50 degrés du cap 335. Encore un rodéo de plus , EEEEyahhhh !!! Ça me rappelle la première semaine de traversée atlantique avec Desi et Peter il y a 3,5 ans. Dis tu crois que ça fait les abdos ?
Enfin après 3 pénibles heures nous voici en face de la passe de Rat Cay. La passe n’est pas plus large que 50 mètres. Nous l’abordons avec une très grosse houle de 2 jusqu’à 3 mètres de trois quart arrière et donc dès que la vague déferle nous partons au surf avec une manoeuvrabilité réduite mais le capitaine se sent de la prendre. De toute façon toutes les passes océan/mer intérieur seront comme celles-ci en plus ou moins larges bordées de récifs acérés. Dès que nous l’avons passée la mer est très calme.
Nous nous avançons dans le serpent de mer et allons ancrer en passant devant Myriades reparti hier. A ce moment là les Bahamas ont décidé de se montrer sous leur pire jour et voilà que sous 30 noeuds de vent, comme si cela ne suffisait pas, nous nous tapons une pluie d’enfer ! Oh non pas une de ces pluies tropicales qui durent 5 minutes mais une bonne pluie bretonne persistance, fournie et latérale à cause du vent, de celle qui ne permettent de rien voir et avec le vent de rien entendre. Les 2 péquins à l’avant (pouf pique nique douille, c’est toi l’andouille) au guindeau à savoir Jean Michel et votre servitrice/teuse/tante (au choix compte de la liberté d’expression qui règne désormais sur notre belle langue et dans la gôche caviar, l’autre ne sachant ni lire ni écrire) sommes trempés. Jean Michel déguisé en nain de jardin fluo dans un long poncho plastifié du meilleur effet et bibi qui s’est dit que quitte à être mouillée il ne faut pas faire semblant donc short et T-shirt détrempés (comme sortant de la machine à laver sans essorage et sans toucher 20 000 lieues sous les mers) dessinant bien mon anatomie sous la pluie, cheveux filasses et dégoulinants comme sortant de la douche.
A 16h30 le vent s’est établi aux alentours de 28 noeuds, et le soleil pointe le bout de son nez. Que nous réserve la météo ?
