en route vers Norfolk USA

Nuit 3  (Dimanche 14 Jau Lundi 15 uin 2026)

 

Samedi soir 17h00 nous mettons enfin une voile dehors (pas celle de l’Orient je vous rassure !), en l’occurrence l’italien et coupons le moteur. Il y a 2,5 noeuds de courant, nous avons 20 nœuds dans l’arrière train qui ne sifflera pas trois fois, et nous volons allègrement à 7 nœuds voire 8 nœuds quand une vague arrière nous pousse. Pas même mis la grand voile qui ne servirait à pas grand-chose à cette allure ; ferait rien qu’à nous embêter en vent arrière !. Youpee ! cela fait du bien aux oreilles !

Je prends mon quart de nuit avec 17 noeuds de vent.  30 minutes plus tard  , le vent forcit, les éclairs zèbrent notre tribord au loin sur l’océan. En général c’est mauvais signe : un gros grain en préparation ? on n’y voit rien, pouic que pouic, pas même savoir s’il y a de gros nuages menaçants et où ; mais toujours rien sur le radar élargi aux 18 miles. Ouf ! Passe à l’autre, aux baleines et aux requins ?

Le vent commence à forcir de plus en plus et a l’air de vouloir passer de 17 à 20/21 nœuds avec des pointes à 23 noeuds. Tant bien que mal, lumière dans la voilure et spot allumé dans les winchs pour voir ce que je fais , je roule 1 ris au génois pour ne pas trop contraindre le matériel (et aussi me rassurer).

Les vagues sont fortes par la poupe , ça roule pas mal dans le cata, à défaut de « ça balance pas mal à Paris » (France Gall 1994), il faut tenir bon la rampe, « tiens bon la vague et tiens bon le vent » qu’il chantait ce bon Hughes en 1961, quand je marchais à peine.

A 23 nœuds établis je prends un 2ème ris dans le génois, cela ne peut pas faire de mal. Nous voguons à 8,5 nœuds avec entre 3,5 et 4,2 nœuds de courant et sans moteur. Puis assez vite le vent monte et s’établit aux alentours de 27 noeuds avec des rafales, 28 puis 29, puis 30, puis 31, puis 32 puis 33 ! C’est quand ça s’arrête !? 3ème ris ou pas 3ème ris ? telle est la question ? nous filons à plus de 9 noeuds avec une pointe à 11,2 au surf sur les grosses vagues . Si ! si ! j’ai bien lu et j’vous jur’ eum’dam’ qu’j’avais rien bu. Que faire ? réveiller le capitaine ? je dépense quelques octets de Starlink pour consulter internet et savoir à partir de quel vent il faut prendre un 3ème ris en vent arrière et à partir de quand il faut rouler toute la toile. Allez pas de panique, jusqu’à 30 établis, on peut rester à 2 ris. Je n’ai atteint 33 que lors d’une rafale. Je reste comme je suis. Mais je suis loin d’être tranquille !

Je reprends Netflix en morse. Le côté positif c’est qu’il n’y a pas personne à la ronde de tout mon quart.

A la relève de 6h00 du matin, le vent est toujours de 26/27 nœuds. On s’y habitue. Allez à toi de jouer capitaine !

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